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10 Décembre 2012

En Casamance, premier espoir de paix après la libération de militaires

Les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ont libéré des militaires de l’armée sénégalaise capturés il y a un an. La médiation de la communauté de Sant’Egidio a permis cette avancée sans précédent dans un conflit qui oppose depuis trente ans le gouvernement et les rebelles indépendantistes.

 
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Un rendez-vous préparé

C’est en plein milieu de la brousse, à quelques centaines de mètres de la frontière gambienne, que la rencontre a lieu. Des rebelles armés de fusils d’assaut et de lance-roquettes font signe d’abandonner les véhicules tout-terrain et de continuer à pied entre les broussailles. Il est 11 heures. Le rendez-vous est donné à l’ombre d’un arbre imposant surveillé par une vingtaine d’hommes, chaudement couverts, malgré la chaleur, dans leurs vêtements usés et dépareillés.

L’endroit a visiblement été défriché et aménagé pour l’événement : la libération de six militaires, un gendarme et un sapeur-pompier à la retraite capturés il y a un an par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), le principal mouvement indépendantiste de cette région enclavée du sud du Sénégal. 

Les différents intervenants sont invités à s’asseoir sur des chaises en plastique disposées en cercle. Sont notamment présents un représentant du Comité international de la Croix-Rouge, qui s’est assuré du bon traitement des prisonniers durant leur année de captivité, et une délégation ministérielle du gouvernement gambien.

Le discours du chef du Mouvement

Les membres de la communauté de Sant’Egidio, pourtant principaux médiateurs dans ce conflit, sont absents. L’État de Gambie leur a demandé de ne pas se rendre sur place, officiellement pour des raisons de sécurité. Ce n’est que vers midi qu’apparaît Salif Sadio, chef sexagénaire de la branche armée du MFDC, dans un boubou au blanc étincelant, chapelet musulman à la main.

L’ambiance est très détendue. Chaque salutation du chef rebelle à ses « invités » est suivie d’un rire et d’un remerciement pour leur présence. Le leader du mouvement tient à faire un discours avant la libération des huit prisonniers, vêtus de leur uniforme, des tongs à la place des bottes. « C’est une date importante pour l’histoire de la Casamance, qui est également une partie de l’histoire du monde. (…) Les prisonniers de guerre sont maintenant libres,  souligne-t-il. Cependant, leur liberté ne signifie nullement la fin de la lutte que nous menons. »  

Une lutte qui n’en finit pas

La lutte du MFDC fêtera son trentième anniversaire le 26 décembre. Le mouvement a pris les armes à la suite de la répression sanglante, par les forces de l’ordre sénégalaises, d’une marche pacifique à Ziguinchor, capitale de l’ouest de Casamance. Aujourd’hui, le nombre de victimes est difficile à évaluer : entre plusieurs centaines et des milliers de morts, voire plus si l’on compte les victimes des mines antipersonnel et des tueries liées aux affrontements internes au MFDC.

En trente ans, les efforts de paix ont été faibles. L’armée sénégalaise a commis de nombreuses exactions contre les populations. Les rivalités entre groupes rebelles, en partie liées au jeu de division effectué par Dakar, subsistent encore aujourd’hui. Les divers cessez-le-feu signés entre gouvernement sénégalais et indépendantistes ne durent pas longtemps.

Dans ce contexte, le MFDC a préféré faire appel à un médiateur extérieur pour régler le conflit avec Dakar : la communauté de Sant’Egidio. « Le premier contact a eu lieu dans les années 1990,  raconte le P. Angelo Romano, membre de la communauté, à Banjul, capitale de la Gambie. Mais, à l’époque, le gouvernement sénégalais souhaitait conduire les négociations de façon autonome. On a respecté cette décision tout en gardant un œil sur la situation. »  

 

L’action pacifique de l’Eglise catholique

Le prêtre sait que la patience reste le meilleur atout de la communauté. Présente dans 70 pays des cinq continents, l’organisation catholique, née à Rome en 1968, a fait de la médiation politique son expertise. Elle s’est notamment distinguée en 1992 pour son importante participation dans le processus de paix au Mozambique, marquant ainsi la fin de quinze années de guerre civile.

 « En Casamance, il y a eu beaucoup de rendez-vous manqués et d’occasions perdues pour résoudre le conflit,  précise le P. Angelo Romano. Ça fait vingt ans que nous échangeons avec le gouvernement sénégalais et le MFDC, mais seules les deux dernières années ont été vraiment constructives. »  L’élection du nouveau chef de l’État sénégalais cette année a aussi été décisive.

 

Le rôle décisif de Sant’Egidio

Contrairement à son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui avait promis de régler la question casamançaise en cent jours, le président Macky Sall a tout de suite laissé la main à la communauté de Sant’Egidio. En quelques mois, l’organisation a relancé les pourparlers entre les deux camps lors d’une rencontre à Rome en octobre dernier et décroché la libération de huit captifs sénégalais sans la moindre contrepartie.

« Le MFDC a fait un acte unilatéral de grande valeur. Je ne me rappelle pas une telle avancée dans la résolution du conflit. Ça aidera sûrement pour l’établissement d’une paix durable en Casamance,  affirme le P. Angelo Romano, qui souligne le rôle joué par la Gambie, trait d’union géographique entre le Sénégal et la région casamançaise. »  

Malgré cette avancée dans le règlement du conflit, dont s’est félicité Macky Sall, qui a « réaffirmé son engagement de tout mettre en œuvre pour trouver une solution pacifique, durable et définitive à la crise casamançaise »,  les risques d’enlisement restent grands. Le potentiel économique et touristique de la région est miné par la guerre et les activités criminelles de certains groupes armés. La méfiance envers Dakar n’a que très peu diminué. De plus, Salif Sadio, le leader du MFDC, souligne que son « acte humanitaire »  n’est pas un signe de renoncement à l’indépendance.

 Décès du chef de la confrérie musulmane  des tidianes  

Le chef de l’influente confrérie musulmane des tidianes du Sénégal, Serigne Mansour Sy, est décédé à l’âge de 87 ans, dans la nuit de samedi à dimanche, à Paris, où il était hospitalisé, ont annoncé des médias sénégalais. Le frère du « calife général » défunt, Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy, âgé de 86 ans, lui succède. Le premier ministre Abdou Mbaye, lui-même membre de la confrérie et proche du défunt, s’est dit « très ému  » par ce décès et a assuré que les autorités sénégalaises allaient prendre en charge le rapatriement du corps.

La confrérie des tidianes, qui a sa capitale à Tivaouane (ouest), est une des plus importantes confréries musulmanes au Sénégal, avec celle des mourides, à laquelle appartient l’ex-président Abdoulaye Wade.

SIDY YANSANE (en Casamance, Sénégal)


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